Lettre à Prince !

par FLORENT BABILLOTE  -  24 Juin 2016, 06:08

Lettre à Prince !

Venant de nul part,

c'était un concentré d'art,

vestige d'une défunte gloire,

il pianotait des notes,

dans sa grotte,

Paisley Park,

ambiance dark,

sans savoir que c'étaient les dernières,

le monde est éphémère,

même pour qui sait écouter et voir la lumière,

son talent fut immense,

si dense, comme une dernière danse,

un être d'exception,

dans un monde sans concession,

il s'est battu contre l'industrie du disque,

parce que la vie sans risque,

c'est comme une mort,

il était comme mon port,

Mon refuge loin de mes soucis,

avec lui j'avais l'impression d'être enfin en vie,

comme si sa musique calmait mes tristes dessins,

loin du venin serein,

les artistes sont souvent pillés,

par des maisons de disques sans pitiés,

artiste total,

art triste nuptial,

archange vocal,

maître ouvrant le bal,

souvent moqué jamais égalé,

victime de préjugés...

petit elfe dorénavant caressant la voie lactée,

Il avait changé de nom pour un symbole,

sa musique si folle,

glisse, s'immisce,

comme un tendre supplice,

elle se faufile telle l'eau,

dorénavant tout là haut,

un océan de notes erre dans son coffre fort,

Paisley Park n'est pas une légende,

je ne suis que cendres,

son studio c'était son chez lui,

ouvert à tous, où lorsque la poésie,

s'invite au yeux du monde,

de ses notes il aurait pu peindre la Joconde,

Sa musique, celle d'une homme visionnaire,

tel un éclair,

que seuls les initiés pouvaient comprendre,

car comprendre c'est vouloir apprendre !

Tu vas tant nous manquer,

Comment vivre sans Mozart,

tu as connu la gloire,

et les artifices du miroir,

Tu étais une mosaique,

j'ai tant appris de toi,

le seul en qui j'avais encore foi,

Souvent incompris, toujours génie !

Tant de nuit passées à décortiquer ta musique,

comme une précieuse relique,

tant de vers déposés sur le papier,

en écoutant ta voix si sucrée,

falsetto divin, refrain malsain,

voilà pour le chemin,

parole sexuelle, homme en dentelle,

puis cette guitare criant son désespoir,

dans l'abîme du miroir !

Un elfe pas comme les autres,

qui de son complexe a su faire une force,

Pas besoin de bomber le torse,

ici tout est question d'alchimie,

de poésie, sa musique véritable kaleidoscope,

aurait pu me mettre en syncope,

tellement c'était virtuose,

mélodique, révolutionnaire,

parfois j'ai voulu jeter des albums,

mécontent comme on balance un chewing gum,

puis j'ai réécouté apprivoisé ta musique,

qui remettait en question mes certitudes,

et pour cela pas besoin de tubes,

Petit elffe qui souvent laissait perplexe,

souvent je me suis interrogé sur toi,

dans les ruines de mon chemin de croix,

tu m'as toujours montré la voie,

jamais je n'ai douté de toi,

Tu inscrivais slave sur ton visage,

changeant de nom pour traverser les âges,

Ton art est immortel,

la musique une sentinelle,

tel est ton chemin, celui d'un artiste polymorphe,

tu devais être synonyme de métamorphose,

tant lorsque tu composes,

tu nous emmènes ailleurs,

quelque part au plus profond de nous,

tu as brisé tant de verrous,

une guitare tard le soir crie,

son envie de te dire au revoir,

multi instrumentiste j'ai dansé avec toi sur la piste,

tu as toujours pris des risques,

te renouvelant sans cesse,

tendre allégresse,

comme un oiseau changeant de direction,

pour mieux nous montrer son bastion,

tu étais et resteras à jamais unique,

je n'ai pas les mots pour te rendre hommage,

mon style peine à retranscrire l'indélébile,

mes vers manquent de consistance pour toi qui m'évoques la trance,

je voudrais juste te dire que je continue de t'écouter,

comme un enfant qui viendrait de perdre un parent,

mon cerveau est trop lent,

pour atteindre mes versets d'antan,

pourtant j'ai tant de plaisir à t'écouter,

tu m'as ouvert l'esprit,

sur de possibles infinis,

sans toi jamais le jazz,

n'aurait éclairé l'emphase de mes phrases,

Merci ne veut rien dire,

tant tu nous as donné,

jusqu'à l'épuisement,

si tu pouvais paraître distant,

c'était pour conserver ton mystère,

sache qu'il erre quelque part entre mes vers,

J'ai connu un homme pas comme les autres,

peut être le dernier des apôtres,

musical est son génie,

j'ai tant étudié sa prophétie,

Aujourd'hui je suis si triste,

j'ai connu l'exceptionnel,

tu t'en vas comme une hirondelle,

qui pleure,

j'ai connu un homme du moins sa musique,

comme une relique, prouvant que le monde n'est pas si pathétique,

Et cet homme c'était Prince !

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