Juste une dernière fois

par FLORENT BABILLOTE  -  12 Novembre 2016, 20:14

 

Juste une dernière fois,

je désire apercevoir vos regards,

dans la silhouette maquillée par mon écriture,

voir l'éclaircie, après les ratures,

vous surprendre sans me faire prendre,

ni même me pendre,

Juste une dernière fois,

vous conter ma voie,

il n'est pas trop tard,

pour enfin l'apercevoir,

la lumière stellaire et pourtant si éphémère,

j'ai connu le succès,

et les excès,

et surtout je ne reconnaissais plus mon reflet,

celui d'un être imparfait, vulgaire déchet,

animal blessé,

poésie délaissée,

je marchais sans savoir de quoi demain serait fait,

sans véritable projet ni même objet,

j'étais une ombre sans lumière,

puis j'ai croisé l'ombre d'une étrange dame,

elle a su sécher mes larmes,

sans pour autant que je ne rende les armes,

tant de charme me désarme,

elle a su sonner l'alarme,

réveiller l'homme qui sommeillait,

grâce à elle j'ai su montrer mon plus beau reflet,

la sincérité par les versets,

l'écriture est une étrange dame,

elle habille le drame,

rend le malheur poétique,

lorsque nos vies sont souvent dramatiques,

malgré ses imperfections,  l'humain reste beau,

comme un oiseau nous regardant de tout là haut,

L'écriture domine la scène,

Dessine la Seine,

théâtralise l'Eden,

juste une dernière fois,

je voudrais capter votre attention,

faire rugir le lion,

qui est en moi,

l'écriture est une étrange dame,

devant elle je me pâme,

parfois je fais l'âne,

souvent je crâne,

si la beauté fane,

les écrits restent,

l'écriture permet de changer de veste,

lorsque la mort nous appelle,

lorsque notre dernier souffle nous interpelle,

seuls restent les souvenirs,

juste un dernier soupir,

avant de m'évanouir,

juste une dernière fois,

je veux voir l'éclat,

de vos yeux se pencher sur moi,

je veux tout et bien plus encore,

je voudrais être votre hôte,

irrésistiblement vôtre,

rêver de grandeur,

grandir de mes erreurs,

pourtant souvent je retombe dans mes travers,

traversant mes vers à l'envers,

sans prendre la mesure,

que rien ne dure,

seul l'écrit perdure,

que restera t il demain,

un livre et quelques refrains,

quelques poèmes faits de petit rien,

puis vient l'orgueil,

je sors de mon cercueil,

jetant ce linceul,

je n'ai pas beaucoup connu le deuil,

pourtant la mort m'accompagne,

elle est ma compagne,

victime du bagne,

je compose ma prose,

érigeant mes vers en chose,

afin d'échapper à la mort sournoise,

elle me toise,

je veux laisser quelque chose derrière moi,

juste une dernière fois.

juste une dernière fois..

Juste une dernière fois...

 

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